samedi 14 novembre 2015

EFFETS INDESIRABLES DE LA PHAGOTHERAPIE

Nous vous présentons ci-après un extrait de la thèse de Monsieur Jean-Rocques Courtault qu'il a présentée pour l’obtention du DIPLOME d’ETAT de DOCTEUR en PHARMACIE :

Principaux effets indésirables Les principaux effets indésirables de la thérapie phagique dans cette étude sont des symptômes digestifs, des réactions locales au site d’administration phagique, des surinfections et une élévation de la température corporelle. • Symptômes digestifs Les symptômes digestifs sont étudiés chez les patients recevant le traitement phagique par voie orale (11 patients recevant le traitement phagique par voie orale seule et 22 patients recevant le traitement phagique par voies orale et topique, soit 33 patients au total). Les principaux effets relevés sont des nausées (3 patients sur 33 soit 9%), des douleurs abdominales chez un patient et une réduction de l’appétit chez un autre patient. De plus, cinq patients ont noté un gout désagréable de la préparation phagique administrée. • Réactions locales au site d’administration Les réactions locales au site d’administration de la préparation phagique sont observées chez 26 des 141 patients traités (soit 18,4%). Les préparations concernées sont des gouttes nasales, des compresses imprégnées, des bains de siège, des gargarismes, des irrigations fistulaires ou vaginales et des suppositoires. Les réactions rapportées sont, pour la plupart, mineures : rougeurs, picotements, démangeaisons, douleurs locales, irritations cutanées, sentiment d’inconfort suite à l’irrigation vaginale, sècheresse et irritation des muqueuses de l’arbre respiratoire supérieur, aggravation d’une dermatite atopique (chez 1 patient), urticaire (chez 1 patient) et cloques purulentes (chez 1 patient). La sensation de picotements et de douleur locale a été rapportée chez 8 patients. Dans une grande majorité de cas, ces réactions sont des épisodes brefs (jusqu’à 30 minutes) et transitoires : elles cessent après plusieurs jours d’administration phagique ou lors du remplacement de la préparation phagique par une autre. Le protocole a dû être interrompu chez 2 sujets (soit 1,4%) à cause de fortes réactions locales : dans un cas il s’agit d’importantes douleurs locales persistantes et dans l’autre cas d’une aggravation de la dermatite atopique au site d’administration du phage. Les composants des préparations phagiques responsables des réactions observées n’ont pas été identifiés par les auteurs. 140 • Surinfection Une surinfection nécessitant la modification du traitement phagique, un arrêt de la phagothérapie ou l’administration supplémentaire d’antibiotiques ou d’antifongiques, s’est développée chez 7 des 153 patients analysés (soit 4,6%). Chez 5 de ces patients, la préparation phagique a été administrée uniquement par voie topique. Par ailleurs, une candidose a été diagnostiquée chez deux patients. Le risque de surinfection n’est pas une conséquence directe de l’administration de phages. Cependant, le spectre d’action étroit des préparations monophagiques exposent les patients à de tels risques. L’administration de cocktails phagiques, permettant d’élargir le spectre d’action, pourrait minimiser le risque de surinfection. Enfin, pour un patient, l’arrêt de la thérapie phagique s’est imposé au bout de 9 jours en raison d’une importante exacerbation des symptômes inflammatoires, associant œdème et douleur au niveau du site de l’infection. La nature de l’infection de départ (germe et site infectieux) chez ce patient n’est pas précisée par les auteurs. • Elévation de la température corporelle Une élévation de la température corporelle est observée chez 10 des 153 patients (soit 6,5%). Chez cinq patients, il s’agit d’une température subfébrile (entre 37° et 38°C) et chez les cinq autres d’une température fébrile (> 38°C). Cet effet indésirable fait suite à l’administration de phages par voie topique (5 patients), par l’association des voies topique et orale (2 patients), par voie orale seule (1 patient), par voie rectale (1 patient) et par inhalation d’aérosols (1 patient). L’élévation de la température apparait quelques heures seulement après l’administration de la première dose de phages. Dans la majorité des cas (9 patients), la température corporelle est revenue à la normale soit spontanément, ou suite à l’administration d’antipyrétique(s) ou du remplacement de la préparation phagique. Au contraire, l’élévation de la température corporelle a nécessité l’arrêt du protocole phagique chez un patient. Cette élévation était importante et persistante malgré l’administration d’antipyrétiques. L’arrêt du traitement phagique a coïncidé avec un retour à la normale de la température corporelle. Les composants responsables de cette élévation de température corporelle n’ont pas été identifiés par les auteurs. De plus, le pourcentage de pureté des préparations administrées n’est pas mentionné. On ne peut donc pas exclure que les préparations phagiques soient 141 dépourvues de substances pyrogènes d’origine bactérienne (comme les LPS). La lyse bactérienne in situ, par les phages, pourrait également entraîner une libération de substances pyrogènes. Enfin, il est également possible qu’un ou plusieurs composant(s) de la préparation phagique induise(nt) une élévation de la température corporelle via la synthèse de cytokines impliquées dans la régulation thermique.
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